DECES DE SIMONE VEIL : Déclarations du Gouvernement

Communiqué de presse de la présidence de la République (Paris, 30 juin 2017)

En Simone Veil, la France perd une de ses plus éminentes figures.

Marquée par la douleur ineffaçable de la déportation, à laquelle elle survécut, mais où elle perdit ses parents et son frère, elle consacra sa vie aux plus nobles causes de la République. Les femmes, fil rouge de tous ses combats, particulièrement quand elle porta avec un courage inlassable la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, qui mit un terme à tant de situations inhumaines. La justice, comme magistrate, où elle défendit le sort des prisonniers, puis comme membre du Conseil constitutionnel. La santé et la protection sociale, sous les septennats de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, durant lesquels elle mena des réformes importantes. Elle défendit avec une énergie inépuisable l’Europe, en particulier comme députée puis présidente du Parlement européen.

Son humanisme intransigeant forgé par l’horreur des camps fit d’elle l’alliée constante des plus faibles et l’ennemie résolue de la moindre compromission politique avec l’extrême-droite. Elle portait haut ces valeurs comme membre de l’Académie française.

Elle travailla sans relâche pour la mémoire de la Shoah, avec gravité et dignité. En tant que première présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, elle fit comprendre à des générations de Français la singularité du génocide juif.

L’esprit de la Nation se nourrit de vies exemplaires. La vie de Simone Veil fut de celles-ci. Elle fit honneur à la France et nous montre ce que nous savons être lorsque nous livrons les combats de la liberté et du progrès.

La France en deuil exprime à Madame Simone Veil sa gratitude. Puisse son exemple inspirer longtemps nos compatriotes, qui y trouveront le meilleur de la France.
Le président de la République adresse à la famille de Simone Veil ses vives condoléances./.

(Source : service de presse de la présidence de la République)

Déclaration de M. Édouard Philippe, Premier ministre (Paris, 30 juin 2017)

Comme la France entière, j’apprends avec une très grande tristesse la disparition de Mme Simone Veil.

Hier encore, je me trouvais à Tallinn, en Estonie, avec ses fils, pour rendre hommage à son père André Jacob et à son frère Jean, qui figuraient parmi les victimes du convoi 73.

Avec cette perte, la France porte plusieurs deuils.

Le deuil d’une conscience, d’abord, celle d’une jeune fille de seize ans à laquelle tout souriait et qui a connu l’horreur de la déportation, la perte d’êtres chers et qui a relevé le défi du retour de l’innommable. Une jeune fille qui, une fois devenue femme, épouse et mère, a décidé de se souvenir au lieu d’oublier.

La France porte ensuite le deuil d’une femme politique d’exception, d’une combattante, qui, malgré les menaces et les insultes, a mis fin à des décennies d’hypocrisie et de drames en portant la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Une femme d’État qui, durant dix ans, a été l’une des voix les plus écoutées du Parlement européen, dont elle a été la première femme présidente.

Le deuil enfin d’une femme de lettres, de réflexion et de culture, dont l’intelligence si vive a éclairé le débat public et réveillé les consciences, et qui savait, en toutes choses, trouver les mots et donner le ton avec l’autorité naturelle qu’on lui connaissait.

En ce jour de deuil, j’adresse mes plus sincères condoléances à ses enfants et à ses petits-enfants, à tous les descendants d’André et d’Yvonne Jacob, à leurs proches et à leurs amis. Avec la disparition de Simone Veil, la France perd une personnalité comme l’histoire d’un pays en offre peu. Une femme dont la vie si tragique et pourtant si belle, a reflété les ombres et les lumières d’un siècle.

Simone Veil restera à jamais le visage d’une République debout, humaine, généreuse. La République que nous aimons et qu’en son souvenir, nous défendrons./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian ministre de l’Europe et des affaires étrangères (Paris, 30 juin 2017)

C’est avec une très grande tristesse et une profonde émotion que j’ai appris ce jour la disparition de Simone Veil.

Son parcours, marqué par la tragédie de la Shoah, par son engagement inlassable et pionnier en faveur des droits des femmes et par son sens aigu du service de l’État, qu’elle a servi comme magistrate, comme ministre, comme membre du conseil constitutionnel, en fait un personnage exceptionnel de l’Histoire française.
Personnalité parmi les plus populaires auprès des Français, elle a mis ses forces et sa notoriété au service de l’Europe, en devenant la première présidente française du parlement européen.

Elle restera pour tous une figure de référence, par sa force morale, les valeurs et les convictions républicaines qu’elle a portées sans relâche, contre toutes les adversités.
J’adresse à sa famille et ses proches mes plus sincères condoléances. La France est en deuil avec eux./.

publié le 30/06/2017

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