Discours de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Gautier Mignot à l’occasion des vœux 2018

Monsieur le Premier Conseiller de l’Ambassade,

Madame et Messieurs les élus des Français de Colombie,

Mesdames et Messieurs les consuls honoraires,

Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs des opérateurs, associations et organismes acteurs de la présence française en Colombie,

Señoras y Señores que nos hacen la amistad de acompanarnos para la entrega de condecoraciones,

Chers collègues de l’ambassade,

Mesdames et Messieurs,

Bienvenus à tous, en mon nom et en celui de mon épouse Tatiana, pour cette traditionnelle cérémonie des vœux. Elle est tous les ans l’occasion de passer un moment convivial pour regarder le chemin parcouru au cours des douze derniers mois et ensemble pour nous tourner vers le futur.

Merci cher Olivier, d’avoir exprimé les vœux de l’ensemble du personnel de l’ambassade, auxquels je suis très sensible, et d’avoir si bien résumé les nombreux accomplissements de 2017, pour lesquels je veux féliciter chacune et chacun d’entre vous.

Je ferai court dans ma réponse : d’abord, parce que je suis bien conscient que le clou de cette cérémonie traditionnelle, ce n’est pas le discours de l’ambassadeur, mais bien la galette à la frangipane que nous allons partager à l’issue. C’est une denrée rare ici en Colombie et je sais qu’elle est très bonne et donc toujours très attendue : elle est le fruit d’un dur labeur, celui de notre chef cuisinier et pâtissier Christophe Chadoutaud, que je vous demande d’applaudir ! Ensuite, je ferai court également parce que j’ai voulu profiter de cette occasion où nous sommes tous ensemble pour honorer deux de nos collègues de la Gendarmerie nationale et nous ponctuerons cette série de discours par ces deux remises de décorations.

2018 va être une année décisive, tant pour la France que pour la Colombie comme pour notre relation bilatérale. Je sais que c’est un peu un lieu commun de dire de chaque année qui s’ouvre qu’elle va être décisive, mais je crois sincèrement qu’il existe vraiment de très bonnes raisons de le dire cette année.

Pour la France, le Président de la République l’a dit dans ses vœux aux Français, c’est l’année de la poursuite et de l’approfondissement des réformes, ces réformes indispensables qui transforment peu à peu positivement à la fois la réalité de notre pays, la confiance qu’ont nos compatriotes en l’avenir de notre nation mais aussi son rayonnement international, son image à l’étranger, chacun de nous a pu je crois le constater. C’est aussi une année qui sera consacrée à cimenter la cohésion nationale, en veillant particulièrement au sort des plus vulnérables, mais aussi en sachant nous écouter et travailler ensemble au-delà de nos différences d’opinions ou de sensibilité : cet objectif, il vaut aussi pour notre communauté nationale ici en Colombie et pour ma part je ferai tout pour rassembler nos compatriotes et éviter les divisons et les affrontements. Enfin, c’est une année au cours de laquelle la France souhaite porter un grand projet pour l’Europe, la relance de la construction européenne avec une concertation démocratique qui devra à mon sens nécessairement trouver son écho en Colombie, et souhaite également contribuer à un grand projet pour le monde : celui tout simplement de la défense de la planète et de l’humanité, objectifs fondamentaux que le sommet « une seule planète » du 12 décembre dernier à Paris a parfaitement illustrés comme il a illustré le rôle moteur de notre pays dans cette lutte.

Pour la Colombie, c’est bien sûr l’année des choix démocratiques avec les élections parlementaires puis présidentielles qui s’annoncent. Est-il nécessaire de dire que, face à ces échéances, la France sera respectueuse des décisions du peuple colombien et qu’elle n’a bien sûr pas de candidat ? Je vous demande d’en assurer autour de vous ceux qui en douteraient. Je me suis attaché depuis mon arrivée et je continuerai à m’attacher, conformément aux instructions de nos autorités, à rencontrer tous les principaux candidats à la magistrature suprême. J’ai pu constater auprès de chacune et chacun d’eux un grand intérêt pour notre pays et pour la relation franco-colombienne. Nous devons être prêts à travailler avec celui ou celle que les Colombiens auront souverainement choisis et avec ses équipes.

Cette position que nous dicte l’un des principes fondamentaux des relations internationales, celui de non-ingérence, ne nous interdit pas de réaffirmer les convictions qui sont celles que la France a défendues avec constance avec ses partenaires européens et le reste de la communauté internationale depuis plusieurs années : l’appui à la paix et à la réconciliation en Colombie comme dans le reste du monde, la défense des droits de l’homme, y compris des droits des femmes, et de ceux qui luttent pour ces droits et sont malheureusement trop souvent l’objet de menaces voire de violences et de meurtres ; une attention particulière aux droits des victimes du conflit colombien quelles qu’elles soient ; la lutte contre le terrorisme, et contre le narcotrafic, mais en sachant faire la distinction entre ceux qui étaient motivés dans leur dérive par des considérations politiques ou des considérations de simple survie et qui ont manifesté le désir sincère de renoncer à leurs activités illégales, et ceux qui ne sont mus que par des considérations de haine, de mépris pour les droits de la personne humaine ou d’appât du gain.

Au-delà, le choix auquel sera confronté la Colombie, comme le sont finalement l’ensemble des pays du monde, sera un choix de modèle de développement : celui de privilégier un modèle productiviste, prédateur des ressources naturelles, le choix du passé, ou celui d’une transition progressive mais rapide vers des modes de production et de consommation, vers des modèles énergétiques compatibles avec la préservation de la planète. La France, pour sa part, a fait son choix et elle essaiera de le faire partager aux futures autorités colombiennes quelles qu’elles soient.

Enfin, 2018 s’annonce à nouveau comme un grand cru pour la relation franco-colombienne avec la séquence exceptionnelle qu’a constituée l’année croisée France-Colombie en 2017. Loin de nous reposer sur nos lauriers, nous devons bâtir sur l’acquis de cette année extraordinaire, nous devons aider à faire germer les graines que nous avons semées, nous devons faire preuve d’inventivité pour proposer de nouveaux projets, de convictions pour persuader nos partenaires et nos mécènes de s’y joindre. L’objectif en fin de compte, c’est que cette intensité de notre relation se traduise de manière tangible dans tous les domaines : plus d’échanges commerciaux et d’investissements dans les deux sens, plus d’échanges d’étudiants, plus d’apprentissage de notre langue, plus de coopérations dans les domaines régaliens (douane, sécurité, défense) ou encore entre nos collectivités territoriales, plus de flux de touristiques, plus de projets culturels, plus de liens dans le domaine sportif en cette année de coupe du monde de football qui verra déjà nos deux sélections nationales s’affronter en match amical le 23 mars. Bref, je ne vais pas égrener les différents secteurs d’activité ni les différents projets et échéances qui nous attendent, ce serait trop long et fastidieux. Je me limiterai à rappeler que nous disposons désormais d’une feuille de route interministérielle pour l’action de la France en Colombie : c’est le plan d’action de l’ambassade qui a été validé formellement par nos autorités dans les derniers jours de 2017.

Le comité stratégique franco-colombien, composé de personnalités des deux pays investis dans la relation bilatérale, qui a été lancé en 2015 et tiendra sa prochaine réunion dans dix jours à Medellín, doit également contribuer au renforcement concret de notre relation bilatérale.

De chacun et chacune d’entre vous, j’attends en 2018 le même investissement, le même enthousiasme, la même loyauté que ceux que j’ai constatés depuis mon arrivée en juin dernier, et aussi le même souci de suivre la mise en œuvre des initiatives engagées. Mais pour cela, je sais combien il est important que chacune et chacun soit bien dans sa peau, épanoui dans son travail comme sur le plan personnel et familial. Et si les contraintes d’espace n’ont pas permis cette année d’inviter vos conjoints à cette cérémonie, je sais combien vos familles tiennent une place importante dans vos vies et dans votre équilibre personnel. C’est donc à tous ceux qui vous sont chers comme à vous-mêmes que Tatiana et moi-même vous adressons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour 2018 !

A todas, a todos y a sus familias, de parte de mi esposa Tatiana y mia, ¡nuestros mejores deseos de salud, felicidad y éxito en este año 2018 !

publié le 18/01/2018

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